Dieu notre espérance dans un monde troublé

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Texte : Jos 24,15-16 ; Mt 28,18-20 ; Ap 3,8

Introduction

Il y a plus de 3 décennies, un évangéliste de renom avait écrit un ouvrage intitulé « un monde en flammes ». Considérant l’environnement de son temps caractérisé par des dérapages éthiques, la corruption, l’immoralité sexuelle, le tabagisme, l’alcoolisme qui très souvent exercent un attrait irrésistible sur la jeunesse, les couples qui se divorçaient après quelque temps seulement de vie commune, la criminalité aux USA, etc, il ne pouvait pas s’empêcher de prédire que le monde sans le Christ s’exposait lui-même à une auto-destruction. Pour lui, le seul remède était que chacun ait l’occasion d’entendre la Bonne Nouvelle et accueillir le Christ comme Sauveur et Seigneur. En Mai 1968, les jeunes se sont rebellés contre l’autorité parentale et contre l’église en Europe, ils ont tout saccagé sur leur passage, brûlé, et les dégâts étaient tellement énormes que l’on a dû imposer une négociation entre d’une part les jeunes et d’autre part, les représentants des parents et autorités. Un fait historique qui a conduit à la dépravation des mœurs en Occident, c’est que cette négociation qui a abouti presqu’à une maxime : « il est interdit d’interdire ». L’interdiction d’interdire a conduit à un libertinage. Comment voulez-vous qu’une société comme celle-là où même les prédications sont surveillées au point d’interdire les prédicateurs de moraliser, on n’opte pour le mariage des homosexuels ? Quel monde troublé ?

Beaucoup d’années sont déjà passées, l’état de destruction de notre monde continue à se dégrader à cause de l’affaiblissement de notre système éducatif parce que les enfants n’ont plus de modèles en famille, dans les écoles, dans leur quartier, etc. Nul n’est épargné. La RDC compte plus de 80% des chrétiens et pourtant la dégradation morale qu’on y observe est scandaleuse : viols (capitale mondiale des viols), criminalité, sans coup férir, on tue à l’arme blanche, vols, détournements des fonds, PST (Points Sexuellement Transmissibles) dans les écoles et institutions universitaires, copinage, immoralité sexuelle, mensonges, trafic d’influences, tribalisme, « collinisme », hypocrisie devenue mode de vie, irresponsabilité à tous les niveaux, recherche de l’intérêt personnel en sacrifiant l’intérêt général, perte du sens de sacré, absence de respect à l’autorité établie, etc. Par ailleurs, la crise qui a traversé des dizaines d’années a conduit plusieurs à imaginer des mécanismes de survie et à tolérer certaines pratiques au point de se donner une fausse conscience. On va même jusqu’à attribuer certains noms à certaines antivaleurs : kubeta libanga, coopé, madesu ya bana, unités, transport, etc. La corruption est devenue une monnaie courante. Il est difficile d’être chrétien et le vivre dans ce pays dont les contradictions sont une réalité quotidienne.

Comment Dieu peut être notre espérance dans un monde aussi troublé  que le nôtre? Il ne se passe plus un seul jour sans qu’on entende parler de crime, de vols à mains armées, des filles rendues enceintes et qui ont déposé un fœtus dans une fosse septique et d’autres personnes meurent soit empoisonnées ou ayant pris des boissons fortement alcoolisées, comme furaha, boa, etc. Nous avons suivi des enseignements au cours de la semaine de la mission. Faute de temps, je vais résumer toutes les interventions en ces termes :

Vivre dans un monde troublé : le pas décisif, c’est être disciple

Jésus lui-même a vécu dans un monde troublé. Il restera à jamais un modèle à suivre parce qu’au lieu de réformer la société, il a consacré trois ans à former les disciples de manière qu’ils soient les agents transformateur de la société une fois qu’ils sont transformés eux-mêmes. Il s’est rassuré que ceux qui avaient adhéré à lui construisaient leur identité comme fils et filles du Royaume de Dieu. Une telle espérance a terriblement bouleversé tous les schémas qu’ils avaient en tête au sujet de leur propre existence. On a vu Pierre, Jacques et Jean abandonner une pêche florissante pour suivre Jésus. On a vu Matthieu abandonner son poste au service des impôts pour le suivre. Plus tard, un grand théologien de la religion juive, Paul de Tarse, disciple de Gamaliel, va accepter de tout souffrir pourvu qu’il annonce le Christ dont la croix est un scandale pour les juifs, folie pour les païens, mais puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit. Pour ne citer que ceux-là. Ils ont tous décidé de devenir disciples et non de simples croyants. L’espérance que la parole de Dieu communique n’est pas du tout une espérance vide de sens parce que, comme le dit Jean, le monde passe et toutes ses convoitises aussi mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement.

Les hommes et les femmes, les garçons et les filles, qui seront en mesure de faire face à la crise multiforme qui caractérise notre monde troublé sont ceux-là qui mettent Dieu au centre de leur vie. C’est-à-dire ceux/celles-là qui sont devenus disciples. Le grand problème de l’église aujourd’hui, c’est la présence en elle de trois catégories de personnes :

  • Les disciples sympathisants: des enthousiastes qui suivent le Christ pour des intérêts tout à fait particuliers mais ne sont pas prêts à porter leur croix, c’est-à-dire renoncer à leurs intérêts ou consentir le sacrifice pour une consécration totale au Seigneur (cf. Lc 14,25-27 ; Jn 6,25-29.60-66) ;
  • Les disciples en secret: beaucoup de gens croient dans leur cœur mais malheureusement n’osent pas confesser publiquement le Christ (ex. Nicodème). Voilà pourquoi, il vient de nuit pour discuter avec lui en évitant de se faire voir par les chefs religieux juifs qui avaient décidé d’exclure de la synagogue quiconque confesserait Jésus comme le Messie ;
  • Les disciples engagés : prêts à sacrifier leur vie pour le Christ, c’est-à-dire vivre pour le Christ qui est mort et ressuscité pour moi.

La mission de l’annonce de l’Evangile est une mission qui nous dépasse. Voilà pourquoi le Christ rassure l’église de Sardes « Voici j’ai placé devant toi ouverte que nul ne peut fermer » (Ap 3,8). Cette garantie de réussite fait que nous pouvons conquérir le monde, km/km, hm/hm, cm/cm et mm/mm à Christ. En remplissant cette mission, nous devons savoir que nous sommes au cœur d’une lutte à la fois intérieure et extérieure, un combat qui oppose Dieu contre les forces du mal. Nous ne devons pas dormir sur nos lauriers mais rester vigilants et ne se donner de répit mais prendre sur nous l’armure que Dieu propose pour tenir debout. Paul l’a si bien dit « les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas simplement humaines ; elles tiennent leur puissance de Dieu qui les rend capables de renverser des forteresses. Oui, nous renversons les faux raisonnements ainsi que tout ce qui se dresse prétentieusement contre la connaissance de Dieu …. » (2 Co 10,4 Bible du semeur). Paul caractérise cette guerre comme une guerre spirituelle, c’est-à-dire que le chrétien guerroie non contre la chair et le sang mais contre les pouvoirs du monde de ténèbres et les esprits du mal qui agissent dans le monde céleste. Les armes dont il faut se revêtir, selon Ephésiens 6,13-17, c’est :

  • Revêtir autour de la taille la vérité comme ceinture ;
  • Revêtir la droiture comme cuirasse ;
  • les chaussures à porter, c’est la disponibilité à proclamer la Bonne Nouvelle de la paix ;
  • recourir à la foi comme bouclier au moyen de laquelle éteindre les traits enflammés du malin ;
  • porter le salut pour casque ;
  • et enfin la Parole de Dieu comme épée de l’Esprit.

De la même manière que la ceinture qui serre le pantalon ou le pagne nous protège contre le risque d’être nu devant les gens, la vérité de l’Evangile est une protection contre la puissance du mal et l’esprit de l’erreur qui ont dérouté un plus grand nombre. La justice du Christ que Dieu nous attribue est une cuirasse et donc une autre forme de protection. La foi est une arme efficace particulièrement dans des moments de souffrance et d’épreuve. Un frère qui nous disait cette semaine que la souffrance prédispose à manquer le discernement et c’est cela qui conduisent plusieurs à être trompés par de fausses prophéties. La souffrance développe aussi la peur vis-à-vis de tout le monde (sorcellerie, poison, etc). Foi et prière doivent aller ensemble. Dans ma langue, il est dit qu’il peut y avoir plusieurs foulards sur la tête de plusieurs femmes au marché mais tu ne peux manquer de reconnaitre le foulard de ta mère. Le salut comme casque est donc la marque caractéristique par laquelle on peut nous reconnaitre dans le monde troublé. Or, ce salut ne peut être possible que si on a entendu la vérité de l’évangile, or pour entendre, il faut qu’il y ait des gens qui annoncent et pour qu’il y ait des gens qui annoncent, il faut qu’ils soient annoncés (cf. Rm 10,9-10). Si nous sommes conscients d’avoir été sauvés pour avoir écouté la Bonne Nouvelle, nous devons tous et chacun avoir l’élan ou la disponibilité de l’annoncer aux autres. Nous sommes de moins en moins évangélistes. La CBCA a de moins en moins des campagnes d’évangélisation. Les églises sont devenues plus sédentaires en baptisant les enfants qui naissent et grandissent dans l’église et rarement des personnes qui sont le produit de l’évangélisation.

La mission dans laquelle est impliquée l’église, c’est l’annonce de la parole de la foi, celle qui crée la foi en l’homme et c’est cette foi qui le rend capable de vivre dans ce monde troublé avec et pour Dieu. Cette parole de la foi, c’est de cela Paul parle « je n’ai point honte de l’Evangile, c’est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (1 Co 1,18). Le terme grec utilisé, c’est dunamis pour dire puissance. C’est de là qu’on tire le terme « dynamite » qui a le pouvoir exceptionnelle de destruction. Seule l’évangile peut porter un coup irrésistible sur le pouvoir du mal et du péché dans la vie de l’homme. Il n’y a que ceux qui croient et prêchent cette parole puissante, vivante et efficace, vraiment pas ceux qui se prêchent eux-mêmes mais qui annoncent cette parole qui peut pénétrer jusqu’au plus profond de l’être, c’est-à-dire dans les endroits qui paraissent les plus inaccessibles jusqu’à atteindre âme et esprit et juger les dispositions et les pensées du cœur. Cette parole est tellement puissante qu’elle peut changer et transformer les vies. Nous avons vu des soulards devenir des hommes sages et modérés ; des couples revivre alors qu’ils étaient au point de la rupture ; des hommes terriblement consumés dans l’immoralité s’engager sur la voie de la fidélité dans leur mariage, des irresponsables assumer des responsabilités impressionnantes, des jeunes gens détruites qui se sont engagés sur le chemin de la vie, de grands menteurs devenir des défenseurs de la vérité, des criminels commencer à découvrir combien la vie est sacrée, etc. Et tout n’est possible que par la puissance de l’évangile.

Le bon choix à faire dans un monde troublé, c’est servir Dieu

La mission de la proclamation de l’Evangile a un point de chute, celui de conduire les auditeurs à faire un choix libre, non pas forcé, de servir le Seigneur. Josué qui a commencé à servir l’Eternel dans sa jeunesse est au soir de sa vie mais il n’hésite pas à confronter Israël à faire un choix : « s’il vous déplait de servir l’Eternel, alors choisissez aujourd’hui à quels dieux vous voulez rendre un culte (…) moi et ma famille, nous servirons l’Eternel » (Jos 24,15). Il reprend ici ce que Moise avait déjà affirmé « je prends aujourd’hui le ciel et la terre à témoins : je vous offre le choix entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisissez donc la vie, afin que vous viviez, vous et vos descendants » (Dt 30,19). La vie est tellement précieuse qu’elle ne peut être pleine de signification que si l’on fait un choix le meilleur, et c’est celui d’aimer le Seigneur de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force, de toute sa pensée, bref le servir. Or le servir, c’est s’engager sur la voie de l’obéissance. Jésus, juste avant de retourner auprès du Père, il a laissé un ordre précis « en allant, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les (…) et apprenez-leur à obéir à tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28,19-20). L’obéissance est une marque caractéristique et distinctive des disciples, de ceux qui ont choisi le Seigneur.

Nous pouvons servir le Seigneur, en tant que disciples du Christ, par l’annonce de la Bonne Nouvelle. Nous avons opté pour une vision qui doit nous engager tous dans n’importe quelle circonstance ou défis auxquels nous sommes confrontés : rayonner en paroles et en actes. En le faisant, nous annonçons l’évangile en parole et en actes. Dans un monde troublé, dans un environnement troublé, portons tous la parole de vie qui éclaire le monde plongé dans les ténèbres et a le pouvoir de dissiper les ténèbres autour de nous !

Voir aussi...

La responsabilité du disciple pour le rayonnement de sa foi – Rév Dr. Vincent MUDERHWA

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